du 16 avril 2017

(Conte conté à raconter sans modération, en voilà un qui s’en va)

Le corbeau qui voulait être heureux. Conte initiatique africain.
    Ce conte se passe dans les temps anciens. Aux temps où les poules avaient des dents et tout ce qui existe  savait communiquer. 

    Un matin de chaleur tropicale, un disciple vint trouver son maître et lui dit :
« Maître, je ne suis pas heureux. Je suis avec vous depuis plusieurs années maintenant. Vous m’apprenez à connaître le cycle de la vie, à soigner avec les plantes, à reconnaître les maladies causées par les créatures malfaisantes. Mais je ne suis pas heureux car mon copain s’est exilé pour travailler, il est revenu et roule avec grosse moto. Il a ouvert un magasin où il vend des articles, cela lui permet de gagner de l’argent. Il s’habille des vêtements à la mode et aux fêtes de village, toutes les filles lui courent derrière ». Que faut-il faire pour être heureux ? ».
    Le maître racla sa gorge, s’assit face à son élève, le regarda longuement et proposa de lui raconter l’histoire du corbeau qui voulait être heureux. Voici cette histoire :
    Il était une fois, un corbeau qui vivait dans les bois. Il avait toujours vécu dans les bois, heureux dans sa douce vie de corbeau. Il n’avait jamais voulu rien d’autre que sa vie paisible, avec sa famille qui l’aimait tendrement à la mode des corbeaux.

Un beau matin, alors que le corbeau se prélassait au soleil, il vit passer, à un battement d’ailes, une colombe qui volait au ralenti. Le corbeau eu le temps de l’observer dans les détails.
« Que cette colombe est belle, qu’elle brillante, et que son plumage semble très soyeux !!!. Moi, à l’inverse, je suis noir, je suis laid, mon plumage est terne » pensa le corbeau.

Le corbeau s’approcha de la colombe et lui parla en ces termes :
« Bonjour belle colombe. Tu es vraiment très belle. Je suis certain que tu es l’oiseau le plus heureux de tous les animaux volants »
La colombe arrêta son vol. Se posa et marqua un temps de silence. Puis, elle répondit en ces termes :
« J’ai longtemps pensé que j’étais l’oiseau le plus heureux qui soit tant que je vivais avec ma famille. Mais le jour où un rouge-gorge est passé dans mon champ de vision, je me suis trouvée terne. Le rouge-gorge a une poitrine si lumineuse !!! Je me suis sentie et je me sens encore assez pâle en comparaison du rouge-gorge. Moi, je suis persuadé que le rouge-gorge doit être l’oiseau le plus beau et le plus heureux qui soit ». Puis, la colombe s’envola et poursuivit son chemin.
Après le départ de la colombe, le corbeau alla voir le rouge-gorge.
« Oh !!! Que tu es beau !!! Tu dois être l’oiseau le plus heureux que cette terre ait jamais créé ».
« Je pensais que j’étais l’oiseau le plus heureux qui soit sur cette terre, jusqu’au jour où j’ai vu un paon. Les couleurs du paon sont tellement impressionnantes !!!! Tellement belles !!! Ma poitrine rouge, dont j’étais toujours si fier, m’est apparue d’un coup très terne comparée aux couleurs chatoyantes du paon. Assurément, je puis vous l’affirmer, le paon est certainement l’oiseau le plus heureux de la terre » lui répondit le rouge-gorge.
    Le corbeau, dans la poursuite de sa quête alla au parc zoologique pour rencontrer un paon, car on lui avait dit qu’il pouvait en voir dans ces lieux. Quand le corbeau rentra dans le parc, il vit un énorme attroupement autour d’une cage. Les gens se bousculaient, prenaient des photos, faisaient des vidéo… Le corbeau s’approcha, se faufila au milieu de la foule, et quand il fut devant la cage, il dit au paon :
    «Bonjour paon. Que tu es si beau !!! Tu dois être l’oiseau le plus heureux de tous les animaux à plumes assurément ».
Quand il eut finit de couvrir le paon d’éloges, ce dernier soupira et répondit :
« Je pensais que l’étais l’oiseau le plus heureux qui soit. Mais à cause de ma beauté, les humains m’ont capturé et mis dans une cage. Tous les soirs, quand ils sont repartis après la fermeture du parc, je lève la tête, je regarde le ciel te je te vois, toi corbeau, déployer tes ailes et voler librement au gré du vent, tu te laisses guider par les courants d’air chauds et ascendants. Alors tous les soirs, je me dis que ce que je voudrais être, c’est être un corbeau car j’ai la conviction que tu dois être l’oiseau le plus heureux qui soit ».
    Quand il eût fini de raconter l’histoire du paon, le maître rajouta ces commentaires :
« En nous comparant aux autres, nous perdons de vue nos valeurs, notre beauté. Le secret du bonheur, n’est-ce pas d’être reconnaissant pour ce que nous avons, et non pas d’être triste pour ce que nous n’avons pas, pour ce qui nous manque ? Mais si le bonheur est bâti sur l’idée qu’il nous faut avoir ce qui nous manque pour être heureux, alors il nous manquera toujours quelque chose pour être heureux  de sorte que nous ne serons jamais heureux».
Je repose ce conte où je l’ai pris
Jean-Charles OUATTARA de NICE

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